mercredi 11 février 2009

Mon début de stage

Je suis maintenant à la moitié de ma deuxième semaine de stage déjà et une routine s’est installée, il se passe moins de choses pour le moment, car ma vie est principalement : bâcher, boulot, dodo. Mais il y a quand même quelques aventures qui méritent d’être racontées. C’est parti !!

Premièrement, je dois dire que je travaille pour Right to Play, une organisation qui est née lors des Jeux olympiques de 1994 en Norvège. Leur mission est de faire de la sensibilisation et de l’éducation par le jeu et le sport. De plus, une grande attention est portée afin d’inclure les filles et les gens vulnérables (handicapés, ceux atteints du sida, jeunes de la rue…) Mon rôle à moi sera de regarder ce qu’ils font et d’apporter des correctifs ou des améliorations aux séances et aux façons de travailler des coachs. De plus, l’équipe veut démarrer une ligue d’Ultimate Frisbee dans les petits villages où elle travaille. Pour l’instant, mon mandat n’est pas encore tout à fait clair, mais ça devrait ressembler à ça.

Deuxièmement, un bâcher est un pick-up avec des bancs en bois (comme à l’école dans les cours d’éducation physique) dans la boîte arrière, et il y a un toit (souvent en toile) pour protéger du soleil. Ça me coûte 250 FCFA par jour de transport (soit 63 cennes !!)



Lundi 2 février : première journée de stage

Aujourd’hui, je rencontre les gens du bureau afin de me faire expliquer quel est le rôle de chacun et pour que je commence à voir en quoi je peux leur être utile. Tout le monde ici est jeune (ou du moins à l’air jeune) et ils ont l’air très dynamiques. Tout le monde est souriant et ça rit tout le temps. Plus ça va, plus je me rends compte qu’il est difficile de trouver l’âge de quelqu’un ici… j’ai appris qu’un de mes collègues, à qui je donnais au maximum 31 ans, en a en fait 40 et est père de 2 enfants !! Je ne sais pas si je vais finir par bien deviner avec le temps…

Bref, tout le monde est gentil, et comme c’est l’habitude chaque semaine ici, on prend 1 h par semaine pour aller faire du sport en groupe. Et cette semaine, c’est aujourd'hui !! Heureusement, il ne fait pas trop chaud, mais ce n’est quand même pas trop long avant de commencer à suer. La journée est déjà terminée, je retourne à la maison et je jase avec les gars qui sont assis à côté de chez nous. Ils sont 5 et ont probablement entre 25 et 30 ans. Ici, la coutume veut que tu arrêtes et que tu prennes le thé avec ceux qui t’invitent. Je suis arrivé devant chez moi à 18 h et je ne suis montée qu’à 21 h 30…

Mardi 3 février : 2e journée de stage

Pas grand-chose d’intéressant, 2 réunions de prévues, il fait chaud et je suis fatiguée...

Mercredi 4 février : 3e journée de stage

Ma première visite sur le terrain !! Je me rends avec Fatim (la seule malienne de l’équipe, les autres étant tous des hommes) dans un centre d’écoute communautaire (CEC). Ces centres sont dans les quartiers les plus défavorisés et permettent aux jeunes d’avoir un endroit pour venir s’amuser après l’école ou pendant la journée (pour les enfants de la rue). De plus, dans la matinée, les 2 locaux servent de classes pour donner des leçons aux enfants de la rue qui se présentent. Les animateurs font les activités avec les enfants qui veulent bien participer. L’âge va de 2 ans jusqu’à 18 ans environ. L’endroit est petit et il n’y a pas grand-chose pour s’amuser, et pourtant, tous les enfants ont le sourire aux lèvres (sauf quelques-uns qui d’après moi n’ont jamais vu de blancs auparavant !!!)

En retournant, j’observe le quartier, les maisons sont très petites et souvent il n’y a pas de portes. Les déchets sont partout dans les rues et dans le canal où l’eau s’écoule. Je crois qu’ils prennent l’eau dans un puits, mais je ne suis pas certaine où il est exactement, parfois c’est très loin. En voyant cela, je me trouve chanceuse d’être dans une partie de la ville où les routes sont en asphalte et où je peux trouver des fruits et légumes à quelques minutes de marche.

De retour à la maison, je discute et prends le thé encore jusqu’à 22 h. Je ne sais pas si tous les thés sont semblables, mais celui-ci est vraiment fort !! J’imagine qu’on s’habitue…

Jeudi le 5 février : 4e… bon on comprend le principe là ?

Il n’y a rien de spécial au travail, mais ce qui m’a marqué aujourd’hui se passait en me rendant à mon arrêt de bâcher. Pendant tout le chemin, je vois des femmes balayer le trottoir en face de leur maison. Les Maliens sont un peuple fier, et comme la plupart des gens ont un magasin ou encore ils vendent de la nourriture sur le trottoir, il faut que ce soit propre. En fait, ce sont les bonnes des maisons qui nettoient avant que les gens ouvrent le commerce. Et elles commencent tôt. Souvent, je me réveille vers 5 h 45 - 6 h le matin, et j’entends déjà les balais et les casseroles… et ça continue jusqu’à 23 h !!

Vendredi le 6 février

Ce matin, je fais une visite avec Daff (celui de 40 ans qui a l’air de 30) dans une école primaire. Pour se rendre, il faut prendre la mobylette. Je ne sais pas si je vous ai dit que c’était le chaos ici, mais juste pour donner une idée, il n’y a que quelques lumières de signalisation qui sont respectées et normalement, les gens klaxonnent pour dire qu’ils tournent. Donc, il faut avoir des yeux tout le tour de la tête si on veut s’en sortir vivant. Au moins, Daff n’est pas trop dangereux au volant (de mon côté, ça doit faire longtemps que je n’ai pas fait de moto, mais j’ai réussi à me brûler le mollet 2 fois. La première en débarquant de la moto, et la 2e en me rassoyant. Maintenant, je sais qu’il faut toujours être à gauche. Il me semble que c’est moins compliqué de monter à cheval non ?!?!

Le principe est que c’est le professeur qui anime sa propre classe. Aujourd’hui, c’est une classe de 4e année, et ils sont près d’une centaine !!! (Ça, c’est sa classe normale tous les jours !!!). C’est certain qu’avec autant d’élèves, il est difficile de faire bouger tout le monde et d’avoir de la discipline. Et pourtant, le professeur réussit à donner les explications et les jeunes participent très bien. De retour au bureau, Daff m’explique qu’un des bons côtés du programme est qu’il permet de voir le professeur d’une autre manière. Lorsqu’il est dans la classe, ce dernier peut utiliser la correction physique (fouet ou autre) avec les élèves, même si c’est interdit sur papier. Cependant, pendant les activités, les enfants voient plus l’animateur, celui qui les fait jouer et non celui qui frappe. De retour en classe il peut reprendre le fouet, alors je ne suis pas certaine si le bienfait est si grand, mais si ça aide quelques jeunes à avoir moins peur… pourquoi pas.

Comme mon horaire est de 7 h 30 à 17 h du lundi au jeudi, je termine mon vendredi à 12 h 30 !!!

Samedi le 7 février.

J’ai demandé à Kadi, une des filles de la famille où on habite (notre appartement est au-dessus du leur) si elle voulait me montrer comment faire un poulet yassa. Si vous vous souvenez, c’est le premier repas que j’ai mangé lorsque je suis arrivée en Afrique. Pour ce faire, nous avons besoin d’oignons (beaucoup d’oignons), de légumes, d’épices et de poulet. Nous partons donc au marché, à la recherche de poulet. Dans ma tête il était déjà coupé, voir cuit…Eh bien non !! on le choisi vivant parmi tous ceux qui sont sur le bord de la rue. Kadi en choisit un (j’avoue que je suis encore surprise, je ne m’attendais pas à ça ce matin) et le gars va quelque part avec celui qui sera mon diner. Heureusement, c’est lui qui va le tuer et le déplumer. 15 minutes plus tard, nous avons notre poulet !! Nous achetons les autres ingrédients et retournons à la maison. Kadi s’occupe de couper le poulet et de le laver, moi, je coupe les oignons, j’en ai 1,5 kilo à faire !! Je suis contente que ce soit Kadi qui découpe le poulet, en fait, je n’avais pas nécessairement envie de lui couper la tête ce matin. Lorsqu’elle le vide, elle me montre des petits grains qu’il a dans l’estomac…d’après moi ça ne fait pas longtemps qu’il avait fini de déjeuner. On finit la préparation et on laisse mijoter. En tout, avec le marché, ça nous a pris 3 h à faire ce repas. Mais c’est excellent !!!

Après avoir mangé, elle me fait des tresses (c’est moins long à laver sous l’eau froide :) et vers 15 h, je descends jaser et prendre le thé (vous allez voir, la plupart de mes soirées se passent à cet endroit, comme ce n’est pas conseillé de se promener seul lorsqu’il fait noir, et qu’il fait noir vers 19 h, on trouve autre chose à faire)

C’est la première fois que je prépare le thé…est ce n’est pas tout à fait une réussite. Il faut transvider souvent d’une théière à un verre (de la grosseur d’un verre à shooter) à une autre théière que j’en renverse beaucoup à côté. Au moins, j’ai encore 3 mois pour me pratiquer. Ce soir, il y a un concert sur le bord de fleuve vers 22 h. Nous sommes 4 à y aller. Vicky (une de mes colocs qui fait le CFCI), Alpha et N’djaye 2 des gars qui sont en bas. Une chose à ne pas oublier en Afrique, l’heure n’est pas très importante. Le spectacle de 22 h commence à 23 h 30. Il s’agit d’un homme, 6 femmes griottes et 5 ou 6 musiciens. Les griots sont des femmes qui chantent les louanges des familles ici. Elles connaissent la vie de chaque famille, je crois (il faut dire qu’il n’y a pas autant de noms de famille qu’au Québec, et comme la tradition orale est très forte ici, la culture se transmet de cette façon). Nous prenons le chemin du retour à 1 h 30. En route, des policiers nous accostent pour nous demander nos papiers (on s’est fait dire de toujours traîner notre photocopie de passeport sur nous pour ces occasions). Un des deux gars se fait embarquer, car son papier est expiré. Ce qu’il faut savoir c’est que les policiers sont vraiment corrompus ici. Dans notre cas, les 2 gars avec qui nous étions ont discuté un peu plus loin et après 5 minutes, les 2 étaient de retour. Le prix : 3000 FCFA (7.5 $ canadien). Bref, si on a affaire à la police, il suffit de trouver le prix qui fait leur affaire. Vive la loi !!

Dimanche 8 février

Aujourd’hui, c’est la journée marchée !! Je me rends au grand marché, qui est près de chez moi afin de me trouver quelques jupes (car les pantalons commencent à devenir trop chauds). Ensuite, je fais un tour au marché des artisans. Ici c’est mon coup de cœur depuis mon arrivée. Tout ou presque est fait à la main. Des bijoux, des instruments de musiques des sandales, des sacs en cuir… je suis allée voir quelques boutiques d’artisans qui travaillent le bois et qui font des bibelots. Ils sont incroyables !! Un vendeur de bijoux est venu nous parler à Michel et moi en nous demandant si nous étions mariés (ça commence bien). Il nous demande de venir voir son kiosque une fois que Michel aura terminé avec l’autre artisan. Nous y allons et discutons un peu. Il me donne finalement un collier en me disant que je lui plais beaucoup et bla-bla-bla. Bon, il ne sait toujours pas si je suis mariée ou non, mais je pourrai m’en sortir en disant que oui s’il est trop insistant !! Je ne sais pas combien ça va me coûter avant de partir, mais je sens que je vais revenir souvent. En après-midi, je me rends avec Michel (un autre du CFCI) au marché de Médine. Cet endroit est dans un quartier totalement différent. C’est moins structuré ici, les gens ont l’air plus pauvres et l’odeur n’est vraiment pas agréable. En fait, on voit l’eau descendre tout au long du marché, et cette eau est souvent celle des toilettes et des déchets qui sont jetés plus haut dans la colline. Après avoir déambulé quelque temps, nous retournons à la maison pour relaxer, c’est le retour au travail demain !!
Sur ce, je vais me préparer à une nouvelle semaine de travail et de découvertes !!


Je sais que pour l’instant je n’ai pas beaucoup de photos, mais les circonstances font que c’est difficile. En fait, dès qu’on sort un appareil et qu’on vise un bâtiment, il y a nécessairement quelqu’un dans la photo (car il y a du monde partout). Et les gens veulent soit se faire payer ou nous crient par la tête d’effacer la photo. Donc, je vais attendre de mieux connaître certaines personnes afin de leur demander la permission de les photographier sans avoir à payer.

1 commentaire:

  1. Beau travail Cath!! Ton blog est merveilleux, et les photos aussi... On fait vraiment le voyage avec toi!!! Tu es bien partie pour ton livre en tout cas.. je n'ai pas tout lu évidemment!!! Tu comprends pourquoi!!
    Mais à mon départ, je serai bien curieuse de te suivre dans tes aventures... CERTAINEMENT!!

    Bonne continuité

    Méli XXXX

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