mercredi 6 mai 2009

Bonjour tout le monde, je sais ça fait longtemps !! Mais disons que ma motivation à faire quelque travail que ce soit ici était partie. J'imagine qu'elle avait besoin de vacances. Mais là elle est de retour (car mon stage se termine dans 1h !!!). La formule va changer pour les prochains blogs, je ne ferai plus chaque jour en détail, car c'est très long, et aussi car il y a plusieurs journées où je n'ai rien à dire. Donc, je vais résumer mon expérience de trois semaines en village, et ensuite mon retour à Bamako. Je suis donc partie le lundi 16 mars et je suis arrivée à Keleya 1 h 30 plus tard. Je n’ai que le temps d’aller porter mes choses à la case ou je vais habiter que je retourne au bureau pour aller travailler, même pas le temps de m’installer. Une fois là, je discute avec mes deux collègues du plan pour la semaine. Donc dès le lendemain je dois former les membres de Right to Play en Frisbee et la formation des coachs aura lieu le lendemain. Une fois la planification de la formation et des visites de suivi terminée, c’est l’heure d’aller manger. Pour aujourd’hui je vais chez Aminata, car je n’ai rien pour préparer chez moi encore. Je mange de la bouillie au maïs. Il s’agit de maïs broyé qu’on fait bouillir dans l’eau et avant de manger, on ajoute du sucre et du lait en poudre. C’est bon, mais je n’en mangerais pas tous les jours !! Pendant qu’on mange, Moïse nous appelle pour savoir si je veux aller avec lui dans un village pour une visite de suivi. Bien sûr !!! Je vais enfin voir à quoi ressemblent les écoles de la brousse !! Donc, on quitte vers 14 h 30 pour le village, Aminata m’a dit que ce n’était seulement qu’à 7 km donc ça devrait bien aller. La route pour se rendre est en terre et en roches, donc très poussiéreuse, mais la vue est magnifique !! Les arbres, les plaines, les femmes qui transportent sur leur tête des du bois, ou des sceaux qui semblent lourds…



Cependant, après 50 minutes, je demande à Moïse si nous arrivons bientôt, car je me dis que ça fait certainement plus de 7 km. J’apprends alors que ce n’est pas 7 km que nous devons faire, mais bien 57 !!! Mauvaise communication… mais bon, ce n’est pas grave, je suis en forme et je découvre plein de beaux paysages. Une fois rendus, nous allons rencontrer le directeur, car Moïse a des informations à lui transmettre. (en passant, ici, lorsqu’il y a des informations à donner à toutes les écoles, mes collègues doivent se rendre dans chaque village, car le réseau téléphonique ne se rend pas dans les villages plus loin que Keleya.) Nous nous rendons dans le bureau du directeur pour discuter. Il fait tellement chaud que dans le bureau c’est un four. Je suis assise et j’écoute la conversation et l’eau me coule partout !!! On dirait que je sors d’une piscine. Et même si je m’essuie, ça ne prend pas 30 secondes que c’est reparti. Même les gens dans le bureau ont remarqué et m’agacent un peu avec cela. Car eux, évidemment, ils ont l’air parfaitement confortable et la chaleur ne semble pas les toucher !! Une fois la rencontre terminée, nous repartons vers Keleya. En chemin, nous arrêtons dans deux villages afin de dire bonjour à des amis et pour mettre de l’huile et de l’essence dans la moto. Après plus de 80 km en moto, mes fesses et mon dos me font savoir qu’ils en ont assez !! Il est maintenant près de 18 h et nous sommes encore sur la moto, le ciel est noir et il vente beaucoup, comme s’il allait pleuvoir chez nous. Par contre ici, ce n’est pas la saison des pluies. Je dis à la blague à Moïse que je voudrais qu’il pleuve tous les jours que je serai à Keleya. Comme de fait, 2 minutes plus tard, je sens les gouttes tomber sur moi. Et ce ne sont pas des gouttes fines, mais bien une grosse pluie qui rafraichit. Ça ne dure que 5 minutes, mais c’est tellement agréable !!! De retour chez moi, je défais mes valises, prépare mon lit, sort ce que je vais préparer pour souper. Comme il fait noir vers 18 h 30 – 19 h, j’essaie de préparer tôt, question de voir ce que je fais. À 19 h, l’électricité arrive (ahh oui j’oubliais, il y a l’électricité seulement entre 19 h et minuit) et les gens de la cour où j’habite sortent la télévision. Tout le monde vient s’asseoir pour écouter leur émission fétiche ; Marina. Un téléroman brésilien ou espagnol à propos d’une petite fille très malade et les adultes se trompent, se divorcent, se remarient, font les hypocrites… et dire que c’est ça la vie des blancs pour eux !!! Pendant qu’ils écoutent la télé, j’en profite pour aller me laver. Faisant déjà noir, j’entre dans le trou avec ma lampe frontale. Et là, SURPRISE ! Je ne m’attendais pas à un comité d’accueil aussi nombreux. Il y a 6 cafards, une famille de fourmi (ai-je besoin de vous rappeler que les familles en Afrique sont très nombreuses…) et d’autres insectes que je n’ai jamais vu et que je pourrais difficilement décrire. Donc une fois la surprise et les salutations terminées, je me lave, mais toujours en comptant les cafards pour être certaine qu’un d’eux n’aurait pas l’idée de faire la blague de se cacher dans mes affaires ou encore de me monter dessus !!! Je vous dis que je ne me suis probablement jamais lavée aussi rapidement !! 4 minutes plus tard, j’étais dans ma chambre en train de m’habiller. Le reste de la soirée, je le passe avec les gens de la cour à essayer de parler Bamanan et elles à essayer de parler français. Je vais au lit vers 22 h, en espérant qu’il ne fera pas trop chaud, car je n’ai pas de ventilateur, mais seulement un petit éventail…

La nuit s’est bien passée malgré la chaleur. Je me suis réveillée dans des draps qui avaient l’air de sortir de la laveuse, mais, c’est comme ça ici. Je mange dehors en regardant les poules se battre et en écoutant l’âne lancer des cris vraiment désagréables. On dirait qu’on frotte deux plaques de métal ensemble. Je n’ai pas réussi à enregistrer son cri, mais je vous jure que c’est l’animal qui fait le bruit le plus laid qu’il m’a été donné d’entendre !!

Ce matin, Aminata vient me chercher à 7 h 30 pour aller voir les activités de 2 écoles. Heureusement, les villages sont plus près qu’hier. Dans plusieurs écoles, même à Bamako, certains professeurs utilisent une méthode quasi militaire pour faire les rangs avec les élèves. J’ai pu filmer comment ça se fait, je ne suis pas certaine par contre si on entend bien ce qu’ils chantent, mais je trouve ça impressionnant de les voir aller surtout lorsqu’il s’agit des enfants de 1re et 2e année.



Le reste de la journée se passe au bureau, on fait des rapports ou des évaluations. De mon côté, comme je n’ai pas encore fait la formation, je n’ai pas grand-chose à faire alors…je joue aux cartes.

Vers 12 h 30, nous allons à la maison pour préparer le diner. Cette fois, je mange chez moi. Il fait tellement chaud que dès que je termine avec me repas, je cours prendre une douche et me changer. C’est tellement agréable de prendre sa douche à l’extérieur. Le soleil nous réchauffe et le vent nous refroidit…pour quelques secondes seulement. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas d’eau courante dans la cour, je dois donc puiser mon eau pour me laver ou faire ma vaisselle. C’est bien, mais ça pourrait être encore mieux si ce n’était pas de la centaine d’abeilles qui tournent autour du seau et de puits. Je me compte chanceuse de ne pas être allergique !!



En après-midi je donne la formation en Ultimate Frisbee à Moïse et Aminata. J’ai simplifié les règlements pour que les jeunes ici puissent comprendre et jouer rapidement. La partie la plus intéressante est la pratique des lancers. À ma grande surprise, il ne faut pas beaucoup de temps, 5 minutes, pour que les deux commencent à avoir de bonnes techniques. Après 1 h d’explication et de pratique au soleil, on retourne dans le bureau pour finaliser les travaux et ramasser avant de partir. Mes repas sont assez simples ici, vu le peu de matériel dont je dispose. Il s’agit souvent de pâtes ou de salade ; vite fait, bien fait et quand même bon. Comme ce midi, je vais dans la douche après avoir mangé et me rechange encore. En moyenne ici, on se lave et on se change trois fois par jour. Et vu la quantité de linge limité que j’ai apporté, je sens que je vais faire du lavage souvent !!! En soirée, je discute avec les gens de la cour, j’apprends des mots de Bambara et je leur enseigne en français. Le reste des deux semaines se ressemble beaucoup. Je vais simplement raconter les activités que j’ai faites, que j’ai trouvé très intéressantes et qui, je crois, peuvent vous intéresser aussi.

Tout d’abord, lors d’une visite à Ourun, nous avons passé toute la journée à discuter avec des partenaires. J’ai abordé le sujet du karité avec un des responsables, et il m’a dit que les femmes devaient le travailler en après-midi, et que je serais la bienvenue pour y assister. Vers 14 h, nous nous sommes rendus sous un gros arbre ou près d’une dizaine de femmes travaillaient, le dos courbé, à mélanger ce qui ressemble à de la terre. Sur le vidéo, regardez bien la position qu’elles ont. Elles travaillent à mélanger comme cela pendant 3 heures, pour en arriver à la pâte blanche qu’on voit sur la 2e vidéo. Elles doivent faire bouillir ce mélange pour en extraire les impuretés avant de le transformer en différents produits (crèmes, huile, savon…). C’est impressionnant de les voir aller. Le travail semble dur, mais elles ont toujours le sourire et rient tout le temps.




Je n'ai pas de vidéo, mais moi aussi j'ai participé au baratage du karité...


Le filles commencent très tôt à travailler le karité, je crois que celles-ci ont entre 8 et 10 ans. regardez la pâte qui ressemble à de la bouette. elles le mélangent jusqu'à ce que ça donne un couleur blanche comme la vidéo suivante. ça prend environ 3 heures pour passer de l'état brut à cela.




Suite à cette visite, la responsable du village m’a invitée à revenir le samedi pour voir comment elles font le savon. Je devais être à 8 h avec elle, car si elles commencent plus tard, il fera trop chaud vers midi pour continuer. J’y suis donc retournée le samedi, ou une vingtaine de femmes cette fois, étaient assises 3 ou 4 autour de seaux et mélangeaient le karité et un produit très chimique. Elles doivent mélanger jusqu’à ce que le tout devienne une pâte quasi solide. Ici aussi, le travail est dur, mais elles semblent apprécier le fait d’être entre elles. Le vidéo montre une du groupe joue d’un instrument et toutes les femmes commencent à chanter dès les premières notes.


Le travail dure environ 4 heures, soit de 7 h 30 à 11 h 30. Par la suite, je retourne à Keleya, ou je vais manger et me laver. Pour ensuite aller me reposer sous un arbre. La différence de température entre l’ombre d’un arbre et le soleil est, selon moi, d’au moins 10 à 15 degrés. Même en moto lorsqu’on se rend en village, on sent la différence entre l’ombre et la lumière (bon je viens de me mettre la chanson de Marie Carmen dans la tête !!!) En rentrant à la maison, les filles me demandent si je veux aller jouer au ballon avec elles. Nous allons donc dans l’entrée de a cours et on se fait un match de soccer. Après 1heure, c’est l’heure de retourner à la préparation du souper. Pour la première semaine, je passe surtout mes soirées avec les gens de ma cour, et lors de la deuxième semaine, je vais surtout chez Aminata. Bien qu’elle ne soit pas toujours là, je discute de plein de sujets avec son voisin. On discute de religion, d’éducation, de mœurs, de famille. Bref, discuter avec lui me permet d’apprendre beaucoup sur la culture et la façon de penser des Maliens.

Lors de mon retour à Bamako, mon travail consiste à faire des suivis dans les centres communautaires, et d’aller observer les équipes de Basket et de soccer qui s’y trouvent. C’est intéressant de voir le nombre de jeunes qui participent aux activités. Pour une équipe de basket (exclusivement féminine) il peut y avoir entre 15 et 30 personnes, allant de 12 à 20 ans. Je dois observer ce qu’ils font et donner des trucs ou des corrections aux coachs dans le but d’améliorer les séances. J’avoue que je n’ai pas toujours la motivation d’y aller ou de faire les rapports qu’il me reste à faire, mais je sais que mon stage achève alors, ça passe un peu mieux. Pour le travail, il n’y a pas grand-chose d’autre à dire, j’ai bien aimé les gens avec qui je travaillais, mais les tâches n’étaient pas toujours des plus intéressantes, comme dans n’importe quel travail.

Au niveau de la maison, j’ai fait beaucoup de photos et de vidéos, particulièrement des enfants. Je vous en ai mis quelques un, en plus des photos de la concession où moi j’habite.




voici comment on prépare les céréales avant de les faires cuire pour en faire de la bouillie. j'ai essayé de le faire, et c'est très difficile. autant physiquement que techniquement (ça tombait partout au sol lorsque je le faisais)



Les deux bonnes se reposent après une dure matinée de travail sous la chaleur intense.



Alima, une des bonnes, qui répète tout ce qu'on dit en francais et qui rit toujours. Un rayon de soleil qui me rappelle que je n'ai pas à me plaindre de la chance que j'ai dans la vie...



La concession, ma maison des 4 derniers mois.


La cuisine



Le balcon avant


La chambre (c'est pas la mienne car elle était trop en bordel mais elles sont toutes pareilles)


Le passage (le filet que vous voyez est mon lit, je dormais dehors pour le dernier mois et demi, question d'avoir un peu de fraicheur... si ça existe ici)


La salle de bain


La douche (on ne peut entendre mais dans le coin au plafond, on entend toujours la famille de chauve-souris qui y logent depuis on ne sait combien d'années. pendant nos 4 mois, seulement 2 ont pu sortir et visiter notre passage...sans pouvoir s'en tirer vivante...RIP)


Voici d'autres photos qui n'ont aucun lien avec le blog mais que je voulais vous partager.



ça, c'est mes pieds après une promenade de 4 heures au marché...je vous ai déjà dit que c'était sale Bamako ??



On ne voit pas très bien, mais il s'agit d'un caniveau (égoût à ciel ouvert) avec les déchets des gens. une ou deux fois par année, des gens sortent ces déchets, le mettent sur le bord de la route afin de faire sécher et de libérer le caniveau pour accuillir les eaux et autres liquides... l'odeur à ce temps-ci de l'année est assez extraordinaire !!!


Gens du village. là-bas, dès que je sors mon appareil, tout le monde accourt pour se faire prendre en photo, et ça inclut les jeunes et moins jeunes (parfois même âgés !!)


Ce qui s’en vient est risque de m’intéresser encore plus que les 4 mois que je viens de passer ici. Il s’agit de passer 4 jours à Sébinikoro, un petit village ou nous allons en retraite pour nous retrouver et faire le point sur notre expérience, et ensuite, c’est le voyage qui commence !!! je veux voir les villes de Mopti, Djenné, les pays Dogons, les pays Mandingues et le Burkina Faso. Donc pour le blog, je ne sais pas si je pourrai écrire, mais je sais que je ne mettrai pas de photos, car tous les cyber ont des virus dans leurs ordinateurs. Donc j’ajouterai les photos lors de mon retour au Québec, soit en juillet.

D’ici là, je vous souhaite de passer un beau printemps et un beau début d’été, et on se revoit bientôt. Prenez soin de vous !!!


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