mercredi 11 février 2009

Mon début de stage

Je suis maintenant à la moitié de ma deuxième semaine de stage déjà et une routine s’est installée, il se passe moins de choses pour le moment, car ma vie est principalement : bâcher, boulot, dodo. Mais il y a quand même quelques aventures qui méritent d’être racontées. C’est parti !!

Premièrement, je dois dire que je travaille pour Right to Play, une organisation qui est née lors des Jeux olympiques de 1994 en Norvège. Leur mission est de faire de la sensibilisation et de l’éducation par le jeu et le sport. De plus, une grande attention est portée afin d’inclure les filles et les gens vulnérables (handicapés, ceux atteints du sida, jeunes de la rue…) Mon rôle à moi sera de regarder ce qu’ils font et d’apporter des correctifs ou des améliorations aux séances et aux façons de travailler des coachs. De plus, l’équipe veut démarrer une ligue d’Ultimate Frisbee dans les petits villages où elle travaille. Pour l’instant, mon mandat n’est pas encore tout à fait clair, mais ça devrait ressembler à ça.

Deuxièmement, un bâcher est un pick-up avec des bancs en bois (comme à l’école dans les cours d’éducation physique) dans la boîte arrière, et il y a un toit (souvent en toile) pour protéger du soleil. Ça me coûte 250 FCFA par jour de transport (soit 63 cennes !!)



Lundi 2 février : première journée de stage

Aujourd’hui, je rencontre les gens du bureau afin de me faire expliquer quel est le rôle de chacun et pour que je commence à voir en quoi je peux leur être utile. Tout le monde ici est jeune (ou du moins à l’air jeune) et ils ont l’air très dynamiques. Tout le monde est souriant et ça rit tout le temps. Plus ça va, plus je me rends compte qu’il est difficile de trouver l’âge de quelqu’un ici… j’ai appris qu’un de mes collègues, à qui je donnais au maximum 31 ans, en a en fait 40 et est père de 2 enfants !! Je ne sais pas si je vais finir par bien deviner avec le temps…

Bref, tout le monde est gentil, et comme c’est l’habitude chaque semaine ici, on prend 1 h par semaine pour aller faire du sport en groupe. Et cette semaine, c’est aujourd'hui !! Heureusement, il ne fait pas trop chaud, mais ce n’est quand même pas trop long avant de commencer à suer. La journée est déjà terminée, je retourne à la maison et je jase avec les gars qui sont assis à côté de chez nous. Ils sont 5 et ont probablement entre 25 et 30 ans. Ici, la coutume veut que tu arrêtes et que tu prennes le thé avec ceux qui t’invitent. Je suis arrivé devant chez moi à 18 h et je ne suis montée qu’à 21 h 30…

Mardi 3 février : 2e journée de stage

Pas grand-chose d’intéressant, 2 réunions de prévues, il fait chaud et je suis fatiguée...

Mercredi 4 février : 3e journée de stage

Ma première visite sur le terrain !! Je me rends avec Fatim (la seule malienne de l’équipe, les autres étant tous des hommes) dans un centre d’écoute communautaire (CEC). Ces centres sont dans les quartiers les plus défavorisés et permettent aux jeunes d’avoir un endroit pour venir s’amuser après l’école ou pendant la journée (pour les enfants de la rue). De plus, dans la matinée, les 2 locaux servent de classes pour donner des leçons aux enfants de la rue qui se présentent. Les animateurs font les activités avec les enfants qui veulent bien participer. L’âge va de 2 ans jusqu’à 18 ans environ. L’endroit est petit et il n’y a pas grand-chose pour s’amuser, et pourtant, tous les enfants ont le sourire aux lèvres (sauf quelques-uns qui d’après moi n’ont jamais vu de blancs auparavant !!!)

En retournant, j’observe le quartier, les maisons sont très petites et souvent il n’y a pas de portes. Les déchets sont partout dans les rues et dans le canal où l’eau s’écoule. Je crois qu’ils prennent l’eau dans un puits, mais je ne suis pas certaine où il est exactement, parfois c’est très loin. En voyant cela, je me trouve chanceuse d’être dans une partie de la ville où les routes sont en asphalte et où je peux trouver des fruits et légumes à quelques minutes de marche.

De retour à la maison, je discute et prends le thé encore jusqu’à 22 h. Je ne sais pas si tous les thés sont semblables, mais celui-ci est vraiment fort !! J’imagine qu’on s’habitue…

Jeudi le 5 février : 4e… bon on comprend le principe là ?

Il n’y a rien de spécial au travail, mais ce qui m’a marqué aujourd’hui se passait en me rendant à mon arrêt de bâcher. Pendant tout le chemin, je vois des femmes balayer le trottoir en face de leur maison. Les Maliens sont un peuple fier, et comme la plupart des gens ont un magasin ou encore ils vendent de la nourriture sur le trottoir, il faut que ce soit propre. En fait, ce sont les bonnes des maisons qui nettoient avant que les gens ouvrent le commerce. Et elles commencent tôt. Souvent, je me réveille vers 5 h 45 - 6 h le matin, et j’entends déjà les balais et les casseroles… et ça continue jusqu’à 23 h !!

Vendredi le 6 février

Ce matin, je fais une visite avec Daff (celui de 40 ans qui a l’air de 30) dans une école primaire. Pour se rendre, il faut prendre la mobylette. Je ne sais pas si je vous ai dit que c’était le chaos ici, mais juste pour donner une idée, il n’y a que quelques lumières de signalisation qui sont respectées et normalement, les gens klaxonnent pour dire qu’ils tournent. Donc, il faut avoir des yeux tout le tour de la tête si on veut s’en sortir vivant. Au moins, Daff n’est pas trop dangereux au volant (de mon côté, ça doit faire longtemps que je n’ai pas fait de moto, mais j’ai réussi à me brûler le mollet 2 fois. La première en débarquant de la moto, et la 2e en me rassoyant. Maintenant, je sais qu’il faut toujours être à gauche. Il me semble que c’est moins compliqué de monter à cheval non ?!?!

Le principe est que c’est le professeur qui anime sa propre classe. Aujourd’hui, c’est une classe de 4e année, et ils sont près d’une centaine !!! (Ça, c’est sa classe normale tous les jours !!!). C’est certain qu’avec autant d’élèves, il est difficile de faire bouger tout le monde et d’avoir de la discipline. Et pourtant, le professeur réussit à donner les explications et les jeunes participent très bien. De retour au bureau, Daff m’explique qu’un des bons côtés du programme est qu’il permet de voir le professeur d’une autre manière. Lorsqu’il est dans la classe, ce dernier peut utiliser la correction physique (fouet ou autre) avec les élèves, même si c’est interdit sur papier. Cependant, pendant les activités, les enfants voient plus l’animateur, celui qui les fait jouer et non celui qui frappe. De retour en classe il peut reprendre le fouet, alors je ne suis pas certaine si le bienfait est si grand, mais si ça aide quelques jeunes à avoir moins peur… pourquoi pas.

Comme mon horaire est de 7 h 30 à 17 h du lundi au jeudi, je termine mon vendredi à 12 h 30 !!!

Samedi le 7 février.

J’ai demandé à Kadi, une des filles de la famille où on habite (notre appartement est au-dessus du leur) si elle voulait me montrer comment faire un poulet yassa. Si vous vous souvenez, c’est le premier repas que j’ai mangé lorsque je suis arrivée en Afrique. Pour ce faire, nous avons besoin d’oignons (beaucoup d’oignons), de légumes, d’épices et de poulet. Nous partons donc au marché, à la recherche de poulet. Dans ma tête il était déjà coupé, voir cuit…Eh bien non !! on le choisi vivant parmi tous ceux qui sont sur le bord de la rue. Kadi en choisit un (j’avoue que je suis encore surprise, je ne m’attendais pas à ça ce matin) et le gars va quelque part avec celui qui sera mon diner. Heureusement, c’est lui qui va le tuer et le déplumer. 15 minutes plus tard, nous avons notre poulet !! Nous achetons les autres ingrédients et retournons à la maison. Kadi s’occupe de couper le poulet et de le laver, moi, je coupe les oignons, j’en ai 1,5 kilo à faire !! Je suis contente que ce soit Kadi qui découpe le poulet, en fait, je n’avais pas nécessairement envie de lui couper la tête ce matin. Lorsqu’elle le vide, elle me montre des petits grains qu’il a dans l’estomac…d’après moi ça ne fait pas longtemps qu’il avait fini de déjeuner. On finit la préparation et on laisse mijoter. En tout, avec le marché, ça nous a pris 3 h à faire ce repas. Mais c’est excellent !!!

Après avoir mangé, elle me fait des tresses (c’est moins long à laver sous l’eau froide :) et vers 15 h, je descends jaser et prendre le thé (vous allez voir, la plupart de mes soirées se passent à cet endroit, comme ce n’est pas conseillé de se promener seul lorsqu’il fait noir, et qu’il fait noir vers 19 h, on trouve autre chose à faire)

C’est la première fois que je prépare le thé…est ce n’est pas tout à fait une réussite. Il faut transvider souvent d’une théière à un verre (de la grosseur d’un verre à shooter) à une autre théière que j’en renverse beaucoup à côté. Au moins, j’ai encore 3 mois pour me pratiquer. Ce soir, il y a un concert sur le bord de fleuve vers 22 h. Nous sommes 4 à y aller. Vicky (une de mes colocs qui fait le CFCI), Alpha et N’djaye 2 des gars qui sont en bas. Une chose à ne pas oublier en Afrique, l’heure n’est pas très importante. Le spectacle de 22 h commence à 23 h 30. Il s’agit d’un homme, 6 femmes griottes et 5 ou 6 musiciens. Les griots sont des femmes qui chantent les louanges des familles ici. Elles connaissent la vie de chaque famille, je crois (il faut dire qu’il n’y a pas autant de noms de famille qu’au Québec, et comme la tradition orale est très forte ici, la culture se transmet de cette façon). Nous prenons le chemin du retour à 1 h 30. En route, des policiers nous accostent pour nous demander nos papiers (on s’est fait dire de toujours traîner notre photocopie de passeport sur nous pour ces occasions). Un des deux gars se fait embarquer, car son papier est expiré. Ce qu’il faut savoir c’est que les policiers sont vraiment corrompus ici. Dans notre cas, les 2 gars avec qui nous étions ont discuté un peu plus loin et après 5 minutes, les 2 étaient de retour. Le prix : 3000 FCFA (7.5 $ canadien). Bref, si on a affaire à la police, il suffit de trouver le prix qui fait leur affaire. Vive la loi !!

Dimanche 8 février

Aujourd’hui, c’est la journée marchée !! Je me rends au grand marché, qui est près de chez moi afin de me trouver quelques jupes (car les pantalons commencent à devenir trop chauds). Ensuite, je fais un tour au marché des artisans. Ici c’est mon coup de cœur depuis mon arrivée. Tout ou presque est fait à la main. Des bijoux, des instruments de musiques des sandales, des sacs en cuir… je suis allée voir quelques boutiques d’artisans qui travaillent le bois et qui font des bibelots. Ils sont incroyables !! Un vendeur de bijoux est venu nous parler à Michel et moi en nous demandant si nous étions mariés (ça commence bien). Il nous demande de venir voir son kiosque une fois que Michel aura terminé avec l’autre artisan. Nous y allons et discutons un peu. Il me donne finalement un collier en me disant que je lui plais beaucoup et bla-bla-bla. Bon, il ne sait toujours pas si je suis mariée ou non, mais je pourrai m’en sortir en disant que oui s’il est trop insistant !! Je ne sais pas combien ça va me coûter avant de partir, mais je sens que je vais revenir souvent. En après-midi, je me rends avec Michel (un autre du CFCI) au marché de Médine. Cet endroit est dans un quartier totalement différent. C’est moins structuré ici, les gens ont l’air plus pauvres et l’odeur n’est vraiment pas agréable. En fait, on voit l’eau descendre tout au long du marché, et cette eau est souvent celle des toilettes et des déchets qui sont jetés plus haut dans la colline. Après avoir déambulé quelque temps, nous retournons à la maison pour relaxer, c’est le retour au travail demain !!
Sur ce, je vais me préparer à une nouvelle semaine de travail et de découvertes !!


Je sais que pour l’instant je n’ai pas beaucoup de photos, mais les circonstances font que c’est difficile. En fait, dès qu’on sort un appareil et qu’on vise un bâtiment, il y a nécessairement quelqu’un dans la photo (car il y a du monde partout). Et les gens veulent soit se faire payer ou nous crient par la tête d’effacer la photo. Donc, je vais attendre de mieux connaître certaines personnes afin de leur demander la permission de les photographier sans avoir à payer.

lundi 9 février 2009

mes débuts comme bamakoise

Je mets les pieds à Bamako il est 3 h du matin, heure locale. L’équipe du CFCI nous amène à la mission catholique afin que nous allions dormir un peu. L’horaire des prochains jours est chargé. Le temps de trouver ce dont j’ai besoin et de tourner en rond, car je suis tellement fatiguée que mon cerveau ne fonctionne plus, il est déjà 5 h 30. Je décide de me coucher, de toute façon, il n’y a pas autre chose à faire. Pour le plaisir, je compte depuis combien d’heures je n’ai pas dormi. J’arrive au compte de 40h !!! Je peux bien me sentir épuisée. Un détail que j’avais oublié en venant ici, il s’agit d’un pays musulman. Pourquoi j’en parle ? Simplement car comme je commençais à m’assoupir, la mosquée nous chante l’heure de la prière !! Et je vous garantis que toute la ville l’entend. Donc pour un sommeil de qualité, on repassera.

Le lendemain, je me lève à 12 h 30 (pas vraiment par choix, mais bien car quelqu’un cogne pour qu’on aille manger avec le groupe). 20 minutes plus tard, je suis assisse devant un plat de poulet yassa. Il s’agit d’un bol de riz avec, comme accompagnement du poulet cuit avec des oignons caramélisés. C’est vraiment très bon, mais un peu dur sur l’estomac pour déjeuner.

Les trois prochains jours sont consacrés à notre intégration. Visite de la ville, rencontre des responsables à l’ambassade, visite du grand marché et retour sur la langue et les us et coutumes à ne pas oublier ici. Bref, un programme chargée, mais utile et nécessaire si on ne veut pas avoir trop de difficulté à s’adapter. Je dois dire que pour l’instant, je n’aime pas réellement cet endroit. Il y a beaucoup trop de bruit, de pollution et de gens. Étant quelqu’un qui aime la nature, je ne suis pas nécessairement dans mon élément. Par contre, je sais que je suis très fatiguée et que le fait d’être en groupe 24/7 depuis 3 jours me tombe sur le système. En découvrant la ville et les gens je vais m’y faire. Mais pour l’instant, j’ai hâte d’être à Sanankoroba.

C’est là que se fait la 2e partie de l’intégration, un petit village à 30 kilomètres de Bamako. Dès notre arrivée, nous sommes jumelés à un homologue qui nous fera découvrir son village et les coutumes d’ici. Je passerai les 3 prochains jours en compagnie de Mamoutou Mette. Il a 35 ans. Nous commençons le tour du village et il me présente les membres de sa famille. J’avoue que je suis déçue, car on ne prend même pas le temps de s’asseoir avec les gens pour discuter. Il me demande si je veux prendre le thé avec ses amis. Bien sûr !! Surtout qu’il s’agit de l’activité par excellence au Mali. Mamoutou n’était pas très jasant pendant la visite du village (pour ne pas dire pas du tout), je me dis qu’avec ses amis il sera plus à l’aise pour discuter. Ehh bien non. En fait, c’est tout le contraire qui se passe. On s’assoit, il prépare le thé et on regarde ses amis jouer aux dames… pendant deux heures et demie ! Au moins, je pourrai dire que j’ai appris quelque chose ce jour là J le reste de la soirée se déroule entre toubabs (étrangers).

Je dois dire que le village est ce que je m’imaginais lorsque je pensais à un village africain. Les maisons sont en banco (mélange d’eau, de terre), il n’y a presque pas de voitures (le gens se déplacent en vélo, à pied ou encore en charrette tirée par des ânes) et les animaux se promènent en toute liberté partout dans le village.

Une des différences d’avec Bamako c’est la douche. En fait, il n’y en a pas ici. On remplit un seau qu’on apporte là ou il y a le trou (en fait, ils ont mis un siège de toilette au-dessus du trou, mais l’odeur nous rappelle qu’il n’y a pas de chasse d’eau) et on se lave.


Comme nous sommes plusieurs, nous devons faire attention à ne pas utiliser trop d’eau pour que tous puissent se laver. Déjà qu’il ne fait pas très chaud depuis notre arrivée, prendre une douche à l’extérieure en plus réveille très bien le matin. On se lave principalement le matin, car les moustiques sortent à la tombée du soleil, et comme l’eau les attire…


Pour la deuxième journée, plusieurs activités sont au programme. Le tout débute avec la visite officielle du maire, du préfet et du chef du village. Le chef est l'homme le plus âgé du village. Il est malheureusement aveugle depuis quelque temps. En fait, ce n'est pas lui qui prend les décisions mais les gens le respectent quand même pour ce qu'il représente dans la culture.


Il y a une tradition ici qui dit que chaque fois qu’un étranger arrive dans un village, il se doit d’aller porter des noix de cola au chef en signe de respect. Les noix de cola sont environ de la même grosseur que des noix, mais elles ont un goût amer. Suite à cela, on se dirige vers la crèche, qui est en fait une garderie où il coûte 2 seaux d’eau par enfant pour faire garder les petits. En chemin, je discute avec une femme qui porte son bébé dans le dos (tous les bébé sont transportés de cette façon). Elle est tellement belle ! En fait, toutes les femmes sont superbes ici, elles sont toujours bien habillées et ont le sourire aux lèvres.


Prochain arrêt, le marché !! Celui de Sanankoroba est différent de Bamako en ce sens qu’il n’y est que le lundi, alors que Bamako c’est 7/7.

Ici, on peut y acheter de la nourriture, des vêtements, des peaux d’animaux… ce qui m’a marqué de cet endroit c’est le kiosque de viande. Tous les morceaux sont étalés sur une table à l’extérieur et laissez-moi vous dire que les mouches s’en donnent à cœur joie !! Lorsqu’on achète un morceau, le vendeur le tout dans un sceau qui ne doit pas être changé très souvent. En après-midi nous avons un atelier de bogolan. Il s’agit d’un bout de tissu sur lequel on peinture des motifs avec de la glaise et on ajoute une teinture à base d’écorce d’arbre, très intéressant de pouvoir le faire, et non seulement le regarder.

Je termine plus tard que la plupart des autres. En fait, nous ne sommes plus que deux à finaliser notre bogolan. Il ne faut pas avoir peur d’être le centre d’attention ici !! il doit y avoir au minimum 45 enfants autour de la table pour nous regarder travailler !! Nous rentrons juste à temps pour le souper. Un fait que j’ai oublié de mentionner, depuis que nous sommes à Sanankoroba, tous les repas se prennent avec les mains seulement. De plus, nous n’avons pas chacun une assiette, il y a un plat commun pour 5 personnes. Le principe est de manger la partie du plat qui est devant soi. Je le mentionne car ce soir, le repas est du spaghetti !! Du riz ce n’est quand même pas trop difficile, mais je vous mets au défi de manger un plat de spag (coupé en 2) sans tout salir autour de vous !! Ce soir, c’est la dernière activité avec les homologues, il s’agit d’une soirée balafon. C’est une soirée dansante où ceux qui peuvent danser sont ceux qui apportent une chaise. Souvent on voit ces soirées lors des baptêmes, fiançailles ou encore mariage. Comme nous avons une vraie soirée traditionnelle, la musique est jouée par de vrais musiciens (qui sont de plus en plus remplacé par des ordinateurs). Vraiment, c’est une belle soirée !! Mais là mon lit m’appelle.

Dernière journée à Sanankoroba déjà. On revoit ce qui est important pour le stage, on fait un retour sur ce qu’on a vécu jusqu’à maintenant, bref on boucle la boucle, car demain matin chacun part pour son milieu de stage. Le lendemain, les au revoir arrivent vites, chacun s’embrasse et embarque pour la grande aventure. Quelques photos avant de partir, entre autres le lever de soleil.



Comme je retourne à Bamako avec 8 autres personnes, nous avons un sutrama.

C’est en fait le moyen de transport le plus présent ici, ce sont nos autobus de ville. Bien qu’ils soient très présents, cela ne veut pas dire qu’ils sont en bonne condition. Le moteur s’est arrêté 2 fois durant les 30 km que nous avions à franchir. Mais maintenant je comprends pourquoi il y a toujours 2 ou 3 personnes assises à l’avant…ce sont elles qui poussent le véhicule afin qu’il reparte !!

On arrive à la concession (appartement où 4 d’entre nous habiteront) épuisé, mais content de pouvoir enfin s’installer pour un bout. C’est grand et les chambres… nous avons 2 lits chacun et les plafonds doivent être d’une hauteur d’au moins 20 pieds. La famille en bas semble gentille et comme ça fait plus de 15 ans que des Québécois habitent ici, nous avons moins peur de faire des gaffes !! En plus de tout ça, nous avons une très grande douche, un poêle au gaz et... un frigo !! oui oui un frigo. Franchement, je sens que je vais me plaire ici :)

Il nous reste 4 jours avant de commencer nos stages. Comme je suis de plus en plus malade depuis Sanankoroba (mal de cœur et de ventre seulement), je veux vraiment me reposer pour être en forme au travail. En dormant suffisamment (à l’aide de bouchons) je me remets sur pied en 2 jours. Avec l’aide de Bourlaye (un des responsables du CFCI avec nous depuis le début), nous découvrons le quartier, les marchés et les différents moyens de transport. Je dois me rendre au travail en bâcher et faire une dizaine de minutes de marche. Pour l’instant ça se fait bien, j’ai hâte de voir ce que ça donnera lors des grandes chaleurs. Je commence à m’habituer aux bruits et au chaos de cette ville. Les gens sont toujours souriants et dès qu’on leur dit quelques mots en bambara (dialecte le plus parlé ici) on voit leurs yeux s’illuminer. Ils sont fiers de voir qu’on fait des efforts et qu’on s’intéresse à eux.

jeudi 5 février 2009

Montréal - Bamako, en passant par Cassa Blanca

Wow !!

Ça ne fait que 2 semaines que je suis sortie de l'avion, et pourtant il s'est passé tellement de choses ici. Tout d'abord, avant d'arriver au Mali, nous avions un arrêt à Casa Blanca au Maroc. Le vol devait quitter à 19h mais il y a 2 heures de retard, ce qui nous amène à quitter vers 21h30 et ainsi, recevoir notre souper vers 22heures. Il est très tard, mais au moins, c'est bon. Après une tentative infructueuse de dormir dans l'avion, j'en profite pour regarder le lever du soleil par le hublot. C'est vraiment beau !!


À 4 heures du matin sur ma montre, il est maintenant 8 heures pour eux. Donc, ils servent le déjeuner !! On a soupé il n'y à pas très longtemps il me semble...ça doit être pour nous aider avec le décalage horaire. Finalement, nous débarquons de l'avion à 9 h, heure locale. Ma première surprise ; il fait frette (pas seulement froid là, mais frette !!!) Il doit faire 12°C et je n'ai qu'un petit chandail... ça s'annonce bien.

Nous avions la chance d'avoir une chambre d'hôtel réservée par le CFCI afin que nous puissions nous reposer avant la 2e partie du voyage. Comme certains d'entre nous ne reviendront pas, nous partons à l'aventure en taxi. Nous sommes 5 à visiter ce qui veut dire que 4 sont assis derrière et un devant. Le chauffeur nous dit qu'il n'est pas nécessaire de s'attacher puisque nous ne roulerons pas plus vite que 90km/h !! C'est là qu'on réalise que la notion de sécurité n'est pas la même partout. L'idée au Maroc c'est que votre chauffeur de taxi devient aussi votre guide. Il est donc resté avec nous toute la journée pour nous faire voir la vieille ville (qui est transformé en marché), la plage et la ville. Mais le plus bel endroit reste la grande mosquée Hassan II. C'est immense et vraiment impressionnant (je ne peux malheureusement pas mettre de photo de la mosquée pour l'instant). Nous rentrons à l'hôtel vers 18 h, le temps de préparer nos bagages et de reprendre l'avion à 19 h 30.

Le 2e vol ne durait que 3 heures, alors ce n'était rien pour nous. Nous arrivons à l'aéroport et, encore une fois, il fait très froid !! À la douane, le monsieur ne prend même pas le temps d'ouvrir mon passeport et me souhaite bon séjour. Les responsables du CFCI sont déjà sur place et nous aident à prendre nos bagages pour nous rendre à la mission catholique, endroit où nous logerons pour 3 jours.On voit que les hommes qui s'occupent de mettre les bagages sur le toit ont de l'expérience (car oui, tous les valises et sacs sont sur le toit de la voiture). Ça ne prend pas 15 minutes que tout est prêt à partir.

Il me reste encore beaucoup à raconter, mais pour l'instant je dois quitter. Cependant, je travaille fort pour vous donner la suite des événements des 2 dernières semaines très bientôt !!